« Par la lumière, par le vent » est une exposition consacrée au travail de l’artiste coréenne Jieun Kim, présentée à la Galerie Aux Docks d’Arles dans le cadre du Festival Off Arles. L’exposition propose une immersion dans une pratique artistique qui se situe à la croisée de la peinture, du textile et de la performance.
Le travail de Jieun Kim se caractérise par une superposition de couches d’encre et de pigments appliqués sur différents supports, tels que le papier traditionnel hanji, le coton ou le chanvre. Ces applications répétées permettent aux couleurs de s’imprégner progressivement dans la matière, créant des surfaces à la fois profondes et sensibles. À travers ce processus, des images concises émergent, souvent issues de textes ou de phrases collectées, donnant à l’œuvre une dimension à la fois visuelle et narrative.
La couture occupe une place centrale dans sa démarche. Le geste répétitif de l’aiguille traversant la surface devient un élément performatif à part entière. Les fils, de couleurs et de textures variées, sont utilisés comme une forme de peinture, venant structurer l’espace de l’œuvre. Ces points, qui peuvent devenir lignes ou surfaces, modifient la matière en profondeur : ils créent des tensions, parfois des traces proches de scarifications, mais participent aussi à relier les éléments entre eux.
Ce travail de couture permet à l’artiste d’unifier des fragments de tissus et de faire émerger des formes parfois floues, presque effacées. L’œuvre se construit ainsi par accumulation, superposition et transformation, jusqu’à atteindre un équilibre entre matière, geste et image.
À travers cette pratique, Jieun Kim développe une approche où le temps, la répétition et la matérialité deviennent des éléments essentiels. Le processus de création, lent et minutieux, confère à ses œuvres une dimension introspective et parfois curative, où le geste artistique agit comme un moyen de transformation.