Les mercredi 28 et jeudi 29 octobre 2026 à 19h, le Centre Culturel Coréen à Paris présente un spectacle consacré au Cheoyongmu, l’une des traditions chorégraphiques les plus anciennes et les plus emblématiques de Corée.
Le Cheoyongmu trouve son origine dans une légende remontant au royaume de Silla. Elle raconte l’histoire de Cheoyong, fils du roi dragon Yongwang, venu vivre parmi les hommes au IXᵉ siècle.
Selon le récit, Cheoyong rentra un soir chez lui et découvrit auprès de son épouse un être mystérieux. Pensant avoir été trahi, il ne réagit pourtant ni par la colère ni par la violence : il se mit à chanter et à danser.
L’être présent était en réalité un esprit de la variole. Touché par l’attitude de Cheoyong, il renonça à lui nuire et promit de ne jamais entrer dans une maison où apparaîtrait le visage de Cheoyong.
Cette légende donna naissance à une croyance populaire durable. L’image de Cheoyong fut placée sur les portes des maisons afin de protéger les foyers contre les maladies et les forces malveillantes.
De cette tradition protectrice est née une forme chorégraphique qui s’est progressivement transformée au cours de l’histoire.
Issue des croyances populaires de la période de Silla, la danse Cheoyongmu a ensuite intégré les codes de la culture de cour, notamment sous la dynastie Joseon. Elle fut interprétée lors de rites d’exorcisme mais également dans le cadre de banquets royaux.
Cette évolution témoigne de la manière dont une pratique issue d’un récit populaire et rituel a pu être préservée, codifiée et intégrée à la culture officielle tout en conservant sa dimension symbolique.
Sur scène, le Cheoyongmu est interprété par cinq danseurs portant des masques de Cheoyong et vêtus de costumes aux cinq couleurs fondamentales : blanc, bleu, noir, rouge et jaune.
Ces cinq couleurs renvoient à une conception de l’équilibre et de l’harmonie du monde. La disposition des danseurs, leurs déplacements et leur gestuelle répondent à une organisation précise où chaque mouvement participe à la symbolique générale de la danse.
La chorégraphie se caractérise par des mouvements amples, majestueux et fortement codifiés. Les danseurs évoluent au rythme de chants et de variations musicales, alternant moments de retenue et passages plus dynamiques.
Les masques et les attributs rituels donnent à la représentation une dimension visuelle immédiatement reconnaissable, tandis que la présence des cinq danseurs transforme la scène en espace symbolique où se rencontrent protection, harmonie et mémoire culturelle.
Transmis depuis plus de 1 100 ans, le Cheoyongmu a été inscrit en 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Aujourd’hui présenté sur scène, il continue de faire vivre une tradition née au croisement de la légende, du rituel, de la danse et de la culture de cour.
Le spectacle est présenté en collaboration avec la Cheoyongmu Preservation Association, avec le soutien de la Korea Heritage Agency et du Centre national du patrimoine immatériel.