Le musée Cernuschi consacre une exposition monographique à Shin Sung Hy, figure importante de l’art contemporain coréen, à travers une trentaine d’œuvres présentées du 17 avril au 2 août 2026.
Artiste installé en France à partir de 1980, Shin Sung Hy développe une œuvre singulière, à la croisée de plusieurs influences artistiques. Si son travail dialogue avec le mouvement coréen du dansaekhwa, il s’inscrit également dans une réflexion proche des artistes français du groupe Supports-Surfaces, qui interrogent les fondements mêmes de la peinture.
L’exposition met en lumière les différentes phases de sa création. Dans ses premières œuvres, il explore la représentation et la matière picturale à travers des trompe-l’œil et des compositions où le support devient un élément central de réflexion.
À partir des années 1980, il engage une démarche plus radicale en déconstruisant littéralement la peinture : cartons peints, découpés puis réassemblés, surfaces fragmentées, supports transformés. Cette approche questionne la nature même de l’œuvre, entre destruction et reconstruction.
Dans les années 1990, Shin Sung Hy développe ses célèbres séries de « Couturages », où il déchire des toiles peintes pour les recomposer en les cousant. Cette technique introduit une dimension textile et tridimensionnelle à la peinture, transformant l’œuvre en objet.
Il poursuit cette exploration avec les « Nouages », où des bandes de toile sont nouées pour créer des structures complexes et dynamiques. Ces œuvres font écho à des pratiques traditionnelles coréennes, où l’art du nœud occupe une place importante, tout en restant ancrées dans une réflexion contemporaine sur le médium pictural.
À travers cette exposition, le musée Cernuschi propose une redécouverte d’un artiste dont le travail incarne un dialogue profond entre cultures coréenne et française, entre tradition et expérimentation.