À l’invitation du Musée Guimet, l’artiste sud-coréenne Seulgi Lee propose une installation inédite intitulée « Dal Dari, La Lune et les Jambes », conçue spécialement pour le bâtiment de la place d’Iéna.
Le projet se déploie en deux volets complémentaires, à la fois à l’extérieur et à l’intérieur du musée. Sur la façade, une sculpture monumentale composée de formes semi-circulaires transforme l’architecture du lieu. Réalisée en collaboration avec l’architecte Jean-Benoît Vétillard, cette installation s’inspire des structures traditionnelles coréennes appelées moonsal, des claustras en bois utilisés pour structurer l’espace.
L’œuvre joue avec la perception : seuls certains côtés des tasseaux sont colorés, créant un effet visuel évolutif qui change selon le point de vue du visiteur. Cette dimension dynamique donne à la structure une impression de mouvement et de légèreté.
À l’intérieur, dans la rotonde du 4e étage, une fresque murale prolonge cette expérience. Réalisée avec des peintres spécialisés dans le dancheong — un art traditionnel coréen inscrit au patrimoine immatériel —, elle déploie un réseau de motifs géométriques et figuratifs aux couleurs symboliques.
Ces couleurs, issues du système obangsaek, renvoient aux cinq éléments fondamentaux (bois, feu, terre, métal, eau) et traduisent une vision du monde où architecture, nature et spiritualité sont étroitement liées.
Le titre de l’œuvre, « Dal Dari », s’inspire d’une croyance populaire coréenne selon laquelle franchir un pont sous la première pleine lune de l’année apporte force et vitalité. Cette référence poétique relie l’installation à une dimension symbolique et culturelle profonde.
À travers cette création, Seulgi Lee propose un dialogue entre art contemporain, architecture et traditions coréennes, invitant le visiteur à une expérience à la fois visuelle, sensorielle et symbolique.