Grâce à une collaboration exceptionnelle avec le musée national de Gyeongju et d’autres institutions muséales sud-coréennes et françaises, le musée Guimet présente une exposition inédite consacrée au royaume du Silla, l’une des civilisations les plus brillantes de l’Asie de l’Est. Pour la première fois en Europe, cette exposition offre une lecture approfondie d’un royaume qui a façonné, durant près de mille ans, l’histoire politique, artistique et spirituelle de la péninsule coréenne.

Révélé à la fois par l’archéologie et par les chroniques médiévales coréennes, l’art du Silla apparaît aujourd’hui comme un héritage vivant, profondément ancré dans la mémoire culturelle de la Corée du Sud. L’exposition met en lumière une société où art, spiritualité et pouvoir se sont étroitement entremêlés pour produire une culture d’une richesse remarquable, dont les traces demeurent visibles jusqu’à nos jours.
Le parcours se déploie en cinq sections thématiques, depuis les origines mythiques du royaume, telles que rapportées par les chroniques médiévales, jusqu’à sa chute en 935. Il retrace l’histoire du Silla, ses expressions artistiques et la manière dont sa mémoire s’est transmise au fil des siècles. Cette approche permet une lecture renouvelée de la civilisation, révélant les interactions complexes entre dynamiques politiques, religieuses et esthétiques.
Les visiteurs sont transportés aux origines de la ville-paysage de Gyeongju, située au sud-est de la Corée. Montagnes, vastes tumulus royaux, temples anciens et ville moderne composent un paysage unique, où l’empreinte du Silla demeure omniprésente. La population locale y joue un rôle actif dans la protection et la transmission de ce patrimoine exceptionnel.
Du 4e au début du 6e siècle, la période dite maripgan marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité du royaume, avec l’essor du clan des Kim. L’or devient alors la signature éclatante du Silla, symbole d’un pouvoir consolidé. Les trésors exhumés des grandes tombes royales, telles que les couronnes d’or, parures de jade, bijoux ouvragés et grès figuratifs, témoignent d’un savoir-faire remarquable et d’un royaume ouvert aux échanges reliant le Japon, la Chine, la steppe, l’Asie centrale et jusqu’aux mondes méditerranéens. Prestige politique et splendeur artistique s’y confondent, donnant naissance à un langage visuel d’une inventivité exceptionnelle.

Au cours de la période du Silla unifié (668–935), le royaume s’impose comme puissance dominante du sud de la péninsule. Le bouddhisme devient alors une force spirituelle majeure, protectrice du territoire. Les matériaux précieux, auparavant réservés aux tombes royales, trouvent désormais leur place dans les monastères, pagodes, reliquaires et images sacrées. Les trésors de fer, d’or, d’argent, de verre et de pierre constituent un héritage encore perceptible dans le paysage de Gyeongju comme dans la mémoire collective coréenne.
L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de pièces emblématiques, parmi lesquelles figurent de nombreux trésors nationaux présentés pour la première fois hors de Corée du Sud. À travers ces œuvres, le visiteur est invité à parcourir un espace où le passé demeure visible, habité et transmis, au cœur d’une ville contemporaine attentive à la préservation de son patrimoine.